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Blogue Watt’s Happening? Augmentation du prix de l’énergie : une bonne nouvelle?

Tuesday, February 11th, 2014

Par Don Pettit

Quelqu’un de bien plus sage que moi a dit un jour : « Chaque direction mène à une destination. » Dans le cas du prix de l’énergie, je pense que notre destination se profile déjà à l’horizon.

Après des décennies de prix dérisoires, le pétrole, le gaz et l’électricité commencent enfin à refléter leur véritable valeur. Il était temps! Certains diront que maintenir les prix artificiellement bas permet de « stimuler l’économie », mais en réalité, au XXIe siècle, rien ne saurait être plus loin de la vérité. Nous devons être prêts à souffrir un peu maintenant pour récolter BEAUCOUP plus tard.

À la base, il y a deux façons d’inciter les gens à conserver les ressources naturelles : on peut compter sur leur bonne volonté, puisqu’ils savent que c’est la chose à faire (et que ça leur permet d’économiser), ou les forcer à le faire en leur imposant des règlements et des prix extrêmement élevés. On dirait bien qu’on se dirige maintenant vers la phase musclée de l’opération « conservation d’énergie ».

Selon BC Hydro, le sous-sol de la Colombie-Britannique recèlerait suffisamment de gaz naturel pour nous approvisionner pendant environ 35 ans, mais la plus grande partie de ce gaz ne serait accessible que par fracturation, une méthode qui coûte cher, sur le plan financier comme environnemental. Si la fracturation décolle, le gaz inondera le marché et les prix chuteront. Mais si elle cesse, les prix s’envoleront. On consomme de plus en plus de carburants fossiles un peu partout dans le monde, mais les réserves souterraines deviennent de plus en plus difficiles à extraire, à raffiner et à distribuer, ce qui provoque une hausse des prix. La controverse fait rage, l’incertitude règne, mais les prix augmentent, sans arrêt.

La bonne nouvelle, comme je l’ai déjà mentionné dans d’autres billets, c’est que nous nous trouvons à la croisée des chemins, une étape difficile, certes, mais inévitable. Aucun virage énergétique (des premières énergies renouvelables au charbon, puis du charbon au pétrole et au gaz, et maintenant aux nouvelles technologies renouvelables de pointe) ne s’est opéré sans souffrance, aussi bénéfique fût-il. L’ère des carburants fossiles tire à sa fin, pour de nombreuses raisons (pollution, bouleversements climatiques, risques de déversement, production de plus en plus dispendieuse et dangereuse, épuisement des réserves, etc.), et ce sont les énergies renouvelables et inépuisables comme le vent et le soleil qui prendront la relève, elles qui ne génèrent aucune pollution et qui sont de moins en moins dispendieuses à produire.

Pendant cette période de changement, le rôle du gouvernement devrait être d’encourager la conservation des réserves de carburant fossile existantes, de remettre des subventions et des bourses aux particuliers désirant produire leur propre énergie renouvelable, et de soutenir les industries et innovations canadiennes du secteur des technologies propres. Autrement dit, il devrait faciliter la transition pour la population et tirer profit des nouvelles occasions qui se présenteront.

Si les entreprises n’ont pas la présence d’esprit d’investir leurs imposantes richesses pétrolières dans des technologies énergétiques non polluantes (assurant ainsi une sécurité à long terme à leurs actionnaires), les gouvernements devraient les aider à le faire en imposant une taxe sur les émissions de dioxyde de carbone et en investissant ces fonds là où ils seront utiles.

L’Ontario a été la première province à exploiter le potentiel de ce virage énergétique mondial. En effet, elle crée des dizaines de milliers d’emplois en mettant à profit les sources d’énergie les plus vastes et abondantes jamais découvertes : le vent et le soleil. Mesurant l’ampleur du phénomène, les autres provinces ont vite suivi son exemple, tandis que d’autres pays, comme la Chine, tentent désespérément de percer le marché énergétique ayant connu la croissance la plus remarquable et la plus rapide de toute l’histoire de l’humanité.

Les choses évoluent rapidement. Les prix augmenteront sûrement encore mais, pilotée par le gouvernement et les entreprises (je garde espoir), cette transition pourrait s’avérer bien moins douloureuse qu’anticipée, en plus de promettre de multiples possibilités d’emploi et de croissance dans le secteur de l’énergie renouvelable. L’augmentation des prix et la réinjection de la taxe sur le carbone nous aideront à accélérer cette transition, causant peut-être de petits désagréments sur le coup, mais de très gros profits à long terme.

N’oublions pas qu’un jour, peut-être dans 30 ans, les carburants fossiles s’épuiseront rapidement et les énergies renouvelables seront très courantes et répandues. Ce jour-là, il est CERTAIN que les prix chuteront. La pollution sera alors réduite à une fraction de ce que nous observons à l’heure actuelle, la conservation d’énergie tombera sous le sens, les changements climatiques s’opéreront plus lentement, nous ne consommerons plus qu’une quantité négligeable de carburant ordinaire, et nous ne dépendrons plus autant d’infrastructures de distribution complexes et fragiles (les énergies renouvelables sont multiples et omniprésentes… pourquoi entretenir un réseau électrique quand tout le monde peut produire sa propre énergie?).

En ce qui concerne le prix de l’énergie, nous sommes sur le point d’arriver à destination. Voilà qui est une bonne nouvelle.

Don Pettit est membre du conseil d’administration de Peace Energy Cooperative.