Concours blogue La puissance du vent : Gagnante du premier prix

Wednesday, October 17th, 2012

Réconfort.

5 décembre 2056. Assise dans mon salon, je me détends en un après-midi nuageux, une tasse de thé entre les mains. Mon regard croise un geai bleu de l’autre côté de ma fenêtre. La chaleur est palpable, malléable même.

Je m’enligne aussitôt vers l’interrupteur en face de moi afin d’insuffler un tant soit peu d’air frais dans cette pièce suffocante. Et puis, je me souviens : le gouvernement a prohibé, depuis presqu’un an, l’utilisation du système climatiseur entre 9h et 15h les jours de semaine. Cela est justifiable lorsqu’on s’aperçoit de la lourdeur de l’air due à l’émission de gaz à effet de serre et de la permanente chaleur suffocante causée par la détérioration massive de la couche atmosphérique. Conclusion : plus le droit d’user du système climatiseur. Déception. Difficile de se défaire d’une habitude vieille de 50 ans. Pourtant, il me semble qu’il n’y a pas si longtemps, nous avions bien d’autres possibilités. Je cherche dans ma vieille mémoire défaillante et me rappelle : de gigantesques colonnes blanches grondant le ciel, et tout au sommet, de grandes ailes bravant chacune des rafales de vents, les défiant même de souffler davantage. Les grands parcs éoliens. Une énergie si pure et saine. Je me rappelle alors ce que les visionnaires d’antan avançaient: ils parlaient d’une énergie entièrement renouvelable et non dommageable pour l’atmosphère. Si on les avait davantage écoutés, depuis longtemps l’économie rurale aurait pris son essor, le prix de l’électricité aurait diminué à un coût dérisoire (ce qui aurait contribué au développement économique national), nous aurions un attrait touristique de plus à offrir aux communautés locales, des revenus supplémentaires de location seraient attribués aux agriculteurs louant leurs terres, et finalement, nous disposerons d’une énergie plus fiable et hautement efficiente. Définitivement, l’énergie éolienne est ce qu’il y avait de plus réconfortant au pays, 44 ans auparavant.

Leïla Côté